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"Troupes abyssines", photo d'Arnold Holtz sur carte postale (collection S. Dewel)

inalco.academia.edu/SergeDEWEL

lundi 12 avril 2010

Le sens du voyage














Entre onirisme et exotisme.

Le voyage est en chacun. Tout le monde a voyagé, à sa manière. Il existe donc différentes manières de voyager. Du voyage en chambre au voyage en rêve, le voyage dans l’espace temps, le voyage intérieur…

Le voyage occupe une place particulière dans les cultures et les mythes. Initiation, expédition, quête ou rencontre. Son statut est rarement défini en temps que tel mais le déplacement est présent. Adjuvant ou opposant, il sera nécessaire à l’élaboration d’un principe ou une conclusion. Déplacement ou transport, le voyage est une quête ou une fuite ; un but ou un moyen. Les différents peuples et cultures lui donneront une signification différente.

Nous citerons, à titre d’exemples, les épisodes migratoires de Moïse ou d’Ulysse, le Tour de France des Compagnons, les déplacements de peintres renaissants flamands en Italie, l’expédition de Christophe Colomb, les Orientalistes…

Le voyage deviendra finalement une activité à part entière en Europe Occidentale. Cela se concrétisera par la naissance de sociétés de géographie et d’exploration et l’équipement des grandes expéditions, prélude aux découvertes sur les continents.  Vers la même époque, le « voyage romantique » -comme ceux de Victor Hugo dans la vallée de l’Our ou les migrations mondaines des Anglais en Toscane- annonce la naissance du tourisme. Le tourisme prend de l’ampleur dans le 20ème siècle pour devenir un réel phénomène de société dans le dernier quart de ce siècle. Le voyage devient un produit commercial et un but en soi.

De tribulations, initiation, fuite, expédition, le voyage devient un but en soi : l’exotisme sous forme d’une « tropicothérapie » vendue par des professionnels. Un produit de loisir de la société contemporaine occidentale dont la consommation est sans aucun doute un des « leitmotivs ». Le produit-voyage est de plus en plus réglementé.

Cependant, le terme voyage peut revêtir un sens métaphorique, prenons en exemple la locution populaire disant : « faire le Grand Voyage ».

Au-delà de ces digressions désordonnées, revenons sur l’illustration des raisons et le sens du voyage dans différentes sociétés appartenant à des âges et lieux divers. Le sens du mot voyage pour Ulysse, Stanley ou Jules Verne revêt des significations fondamentalement opposées et certainement révélant des états psychiques différents, tout comme le sont les motivations du voyage.

Cela nous amène à une question fondamentale : le voyage -déplacement neutre, sans but en soi- ne se définit-il pas par  sa motivation ? N’est-ce pas la raison qui pousse au voyage qui en donne le sens ? Jusqu’à un point certainement oui. Au-delà, la motivation première se confond avec le voyage lui-même.

Disons que le voyage est un déplacement. Il peut être réel ou virtuel. Parmi les voyages réels, nous trouverons nomadisme, transhumance, quête, initiation, recherche, fuite, expédition, vacances… Quant aux voyages virtuels ils seront de l’ordre du rêve, de l’observation d’un film documentaire, de la lecture d’un récit de voyage ou encore de la métaphore.



Aux origines du voyage

Le voyage n’a certainement pas toujours été perçu comme tel. La réflexion physique puis philosophique et anthropologique se fit par étapes. Si l’on devait « remonter aux sources » sans doute plongerions-nous au plus profond de la préhistoire, en ces temps où chasseurs et cueilleurs étaient nos ancêtres. Assurer leur subsistance -et la sécurité- constituait leur principale préoccupation. Primates, hominidés et hommes effectuaient des déplacements dont l’ampleur reste de l’ordre de la supposition. Cependant le type d’économie de subsistance -chasse et cueillette- postule les déplacements, plus ou moins importants, selon les régions et les périodes climatiques.

Ce nomadisme, aléatoire ou conscient, est sans doute à l’origine la première forme humaine de voyage. Le voyage d’affaire préhistorique en quelque sorte.

vendredi 2 avril 2010

Le scandale des arts premiers

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Jacques Chirac rencontre en 1992, à l'île Maurice, le marchand et " expert en arts primitifs " Jacques Kerchache. Le destin de plusieurs grands musées nationaux allait en être bouleversé. A la suite des grands travaux lancés par François Mitterrand, Jacques Chirac, une fois élu président de la République en 1995, souhaite laisser lui aussi sa marque dans le Paris muséal du nouveau millénaire : il décide de créer un musée qui sera consacré à ces arts dits " premiers ", à ces " chefs-d'œuvre de l'Humanité " qui n'avaient pas eu droit à une présentation dans le Grand Louvre. Onze ans plus tard, voici que se dresse au bord de la Seine, en zone inondable, un palais dessiné par Jean Nouvel. Dans une débauche de luxe, entourés d'images et de " dispositifs interactifs ", 4 000 objets sont exposés à l'admiration et à la " jouissance esthétique " des futurs et nombreux visiteurs. Indéniablement, ils sont mis en valeur : pour chaque pièce présentée, 100 000 euros auront été dépensés, auxquels il convient d'ajouter 12 500 euros de fonctionnement annuel. Le nouveau musée est superbe. Mais fallait-il dépenser autant d'argent, et surtout tiendra-t-il ses promesses ? Qui rappellera dans quelles circonstances il a été pensé et construit ? Que, dénué de toute équipe scientifique, il est avant tout un établissement public " à caractère administratif ". Qu'il a été édifié sur les patrimoines de deux musées mis à mort, le musée national des Arts africains et océaniens et le musée de l'Homme, que leurs collections fabuleuses (plus de 300 000 objets), qui constituent un pan de l'histoire de l'ethnologie et de l'anthropologie françaises, ont été mises en caisse et ne sont plus accessibles ni aux chercheurs ni au public. Au prétexte d'en finir avec un supposé " mépris des autres civilisations " qu'auraient manifesté les musées nationaux depuis des décennies, c'est la connaissance des arts et civilisations africains et océaniens - principalement - qui a été sacrifiée. Il se pourrait que certaines considérations post-coloniales et politiques, que des luttes de pouvoir et d'influence entre administrations aient conduit à la réalisation d'une grande et coûteuse aberration.

Biographie de l'auteur

Bernard Dupaigne a été directeur du laboratoire d'Ethnologie du musée de l'Homme de 1991 à 1998 pour lequel il a réuni de très importantes collections ethnographiques.


Editions Mille et Une Nuits
isbn 978-2842059620

jeudi 1 avril 2010

Ethiopie: inauguration du musée Konso

Affiche
 inauguration 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Inauguration du musée Konso

En 1996, 200 waka, statues funéraires konso en bois, étaient saisies par les douanes éthiopiennes alors qu’elles se destinaient à être vendues sur le marché noir de l’art. Rapidement, la question du destin de ces pièces uniques "laissées à l’abandon" se posa. L’idée d’un musée sur la culture Konso, présentée à travers le prisme du waka, n’allait pas tarder à germer. Il fallut pourtant attendre près de dix ans avant que cette idée ne devienne réalité. En 2005, des premiers contacts eurent lieu entre le musée du Quai Branly et l’ambassade de France en Éthiopie. Ils menèrent à la décision de créer un musée en région konso en partenariat avec les autorités locales. C’est dans cette optique que des accords furent conclus en 2007 entre l’ambassade de France en Éthiopie, le Konso special wereda cultural and tourism office et le musée du Quai Branly. Après deux années de collaboration entre la France et l’Éthiopie, de la conception à la réalisation, l’ambassade de France d’Addis-Abeba et le Konso special wereda cultural and tourism office sont heureux de vous annoncer l’inauguration du musée Konso, le 18 décembre 2009, à Karat Konso.

Le musée est principalement un lieu d’exposition de waka, objets culturels en proie au vol et au trafic illégal. Mais l’originalité de la culture konso se traduit aussi par ses villages fortifiés, son organisation sociale complexe fondée sur un système générationnel, ses stèles et ses rites funéraires. Le but de ce musée est de préserver cette remarquable culture aujourd’hui considérée comme faisant partie du patrimoine de l’humanité, de faire perdurer sa mémoire, son histoire, la signification de ses rites et un savoir-faire transmis de génération en génération. Il se veut aussi un lien avec les anthropologues et les historiens de l’art intéressés par cette culture.

(communiqué du Centre Français des Etudes Ethiopiennes)

Si vous souhaitez en apprendre plus sur les Konso:
> Mon article sur les Konso

lundi 8 mars 2010

"Et l'homme créa les dieux"


Pourquoi l’Homme se crée-t-il des dieux et des mythes ?

Pour répondre à cette question, il ne suffit pas d’apporter des arguments philosophiques (par exemple «l’Homme a besoin de se rassurer») ou de se contenter de pratiquer la mythologie comparée.

Toute personne s’étant à un moment ou un autre posé cette question se doit de dévorer l’ouvrage de Pascal Boyer Et l’homme créa les dieux (Folio Essais). La question de la croyance au divin n'est plus un mystère mais un problème, au sens scientifique du terme, appelant méthode et solutions.

Pascal Boyer, anthropologue français, est professeur à la Washington University de Saint-Louis. Dans son ouvrage, il aborde cette question fondamentale sous trois aspects différents :
- l'ethnographie contemporaine
- les sciences du cerveau, la neuro-psychologie en particulier
- la réflexion darwinienne appliquée au cerveau

L’étude de nos systèmes d’inférence permet d’expliquer de nombreux aspects de la pensée humaine, y compris la pensée religieuse.C'est le point de départ de cet ouvrage essentiel.

Pourquoi croit-on ? Pourquoi y a-t-il des rituels ?
Ce sont deux des questions fondamentales auxquelles l’auteur s’attache.

jeudi 18 février 2010

Exposition d'anthropologie au Musée du Quai Branly

La Fabrique des Images 


Après Qu’est-ce qu’un corps ? et Planète métisse, la 3e grande exposition d’anthropologie du musée du quai Branly propose au public de découvrir une « fabrique des images » qui touche les 5 continents. Avec 160 oeuvres et objets, elle invite à un décryptage des grandes productions artistiques et matérielles de l’Humanité pour révéler ce qui ne se voit pas d’emblée dans une image.

Cette compréhension des images se fonde sur 4 grands modèles iconologiques créés par l’Homme, au-delà de tout classement géographique ou chronologique, que ce soit en Afrique, dans l’Europe des XVe- XVIe siècles, dans les Amériques des Indiens d’Amazonie ou des Inuit d’Alaska, jusque dans l’Australie des Aborigènes. L’exposition dévoile ces 4 modèles - traduisant 4 grandes visions du monde - que sont le totémisme, le naturalisme, l’animisme et l’analogisme.

Avec la Fabrique des images, le visiteur découvre les différents principes de déchiffrement selon lesquels les civilisations voient le monde et en rendent compte.

















Du mardi 16 février 2010 au dimanche 17 juillet 2011 
Commissariat : Philippe Descola, anthropologue, directeur d’études à l’EHESS et professeur au Collège de France 

vendredi 12 février 2010

Réflexions quant au concept d’ « Art Premier » et sa fabrication…













ARTS PREMIERS / MUSÉE DU QUAI BRANLY


Que recouvre ce terme d’ « Arts Premiers » ? Pourquoi le Musée Branly ne semble-t-il pas s’attacher à cette appellation à la mode ?  

La dernière question, vous l’avez compris, semble indiquer mon manque d’enthousiasme pour l’appellation d’origine incontrôlée qu’est « Arts Premiers ». Le terme a vu le jour et s’est développé comme une traînée de poudre dans les années quatre-vingt-dix. Initialement, il était question des Arts Primitifs mais le mot « primitif », lourd d’un passé colonial et paternaliste, a laissé place à la réflexion lexicologique alors que l’anthropologie se lavait de son ethnocentrisme. Jusqu’à l’avènement des « Arts Premiers », les spécialistes désignaient cette matière par « Arts non-européens » (ou extra-européens), alors que les marchands et collectionneurs échangeaient de l’art tribal.

L’une ou l’autre appellation est discutable. Tout contenu générique est par définition amené à être critiqué dès lors qu’il est confronté au cas particulier. Tous les arts tribaux ne sont pas non-européens ; les productions lapones, par exemple, qui sont tribales et européennes. Tous les arts non-européens ne sont pas tribaux pour autant, et j’en appelle à la production artistique contemporaine chinoise pour en témoigner. Sans vouloir pinailler, il faut reconnaître que les « Arts non-européens » sont une désignation commode et intellectuellement satisfaisante.

Faut-il sacrifier la science au marketing ? La mode récente pour les productions artistiques non-européennes, l’art dit tribal, ne pouvait se satisfaire d’un terme aussi peu sexy et lourd que celui scientifiquement admis (les « arts non-européens »). D’autre part, « tribal » avait une connotation éculée dont une nouvelle tendance s’accommoderait assez mal. Il s’agissait donc de dépoussiérer l’appellation, faire table rase de l’ombre des marchands d’art et ainsi avoir un nouveau « produit » à disposition.

D’où vient cet engouement récent pour les productions non-occidentales ? La réponse à cette question est certainement plurielle, fruit d’une étude socio-commerciale plus approfondie. La vitesse de communication accrue depuis les années quatre-vingt, le monde devenu un village pour reprendre l’expression consacrée, sont des éléments qui ont contribué au recul des frontières intellectuelles et culturelles. La recherche d’exotisme n’a cessé de croître, tant dans les arts qu’au niveau de l’artisanat de pacotille.

Si vous consultez le site web du Musée du Quai Branly (http://www.quaibranly.fr), admirable institution au demeurant, vous ne trouverez aucune mention des « Arts Premiers ». Sa définition, telle que la fait apparaître une recherche sur Google, est simplement « Le musée du quai Branly présente des collections d'objets des civilisations d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques. »

Il n’est fait aucune allusion tant à l’art qu’à « premier ». D’ailleurs, quelle serait la définition à apporter à l’art ? L’art est-il l’apanage d’une production à vocation purement esthétique ? La conscience de l’art précédait ou présidait-elle la fabrication de tous les objets présents dans les collections ? C’est dire que l’usage du mot « art » en ethnologie est périlleux lui-même. Que les objets soient revêtus de qualités esthétiques évidentes n’en font pas des œuvres d’art pour autant. Et surtout, le concept d’œuvre d’art tend à occulter –alors qu’il serait souhaitable de le souligner- le rôle joué par ces artefacts. C’est l’aspect fonctionnel qui devrait être mis en exergue ; c’est la fonction qui véhicule tout le sens conscient permettant la compréhension de l’objet.

Quant à « premier », que faut-il comprendre ? Et surtout, de « premier » à « primitif » il y a un pas que le Quai Branly semble résolu à ne pas franchir, même en faisant étape à « primordial » !

mardi 9 février 2010

Du Créationnisme… Foi ou Raison ?





















L’année Darwin est passée et elle fut une bonne raison de s’intéresser au débat qui ne fait que se rallumer : créationnisme versus évolutionnisme. Cependant, il y a une raison plus urgente de le faire : c’est le retour en force des créationnismes, non seulement au niveau mondial, mais chez nous en France et en Belgique en particulier.


Je voudrais ici rappeler quelques faits.


En 1796, Laplace publie "L'exposition du système du monde", ouvrage ayant pour but d'expliquer la naissance du système solaire. Il donne la première hypothèse de la naissance simultanée du Soleil et des planètes à partir d'un même nuage de gaz et de poussières en rotation. Napoléon fit remarquer à Laplace: "Votre travail est excellent mais il n'y a pas trace de Dieu dans votre ouvrage", Laplace lui répondit : "Sire, je n'ai pas eu besoin de cette hypothèse".


Le mot créationnisme apparaît au 19ème siècle aux Etats-Unis, désignant les mouvements anti-évolutionnistes apparus dans les églises évangélistes nord-américaines. Dans ce sens étroit, « créationnisme » désigne l’affirmation de l’acceptation intégrale du récit biblique de la création (la Genèse).


Après plus d’un siècle de reformulation et développement, le discours créationniste a suivi les évolutions de la science et revêt des formes multiples, des formes les plus fondamentalistes aux plus flexibles, acceptant toute évolution à condition que celle-ci soit guidée par une transcendance. Au début des années 1990, apparaît aux Etats-Unis un nouveau mouvement créationniste : l’Intelligent Design (dessein intelligent). Ce dernier a largement été évoqué dans la presse francophone depuis l’été 2005.


Le créationnisme, revêtu d’un apparat scientifique, ne rejetant pas la théorie de l’évolution mais l’inféodant à une transcendance est la réelle menace contemporaine. Cela, d’autant plus que la communauté scientifique est divisée et que la moindre faille dans la recherche sert aux détracteurs à réduire la validité de la théorie darwinienne. D’autre part, n’est-il pas tentant de combler les vides encore inexpliqués par un petit coup de pouce d’un créateur omniscient ?


La menace créationniste, qui semblait loin de la Belgique et de la France, et plus particulièrement vue comme un phénomène de la société protestante américaine, s’est maintenant précisée.


Ainsi que la presse s’en est faite l’écho, le créationnisme avance sur tous les fronts mais avant tout dans l’enseignement. Il est d’origine chrétienne, juive ou musulmane.


Dans un article du 18/11/08, le journal Le Monde s’interroge : « La France serait-elle partie en guerre contre les créationnistes, dont les idées progressent un peu partout dans le monde? 

A l'initiative du ministère de l'éducation nationale, du Collège de France et de la Cité des sciences et de l'industrie, ils étaient en tout cas plusieurs centaines à débattre, les 13 et 14 novembre 2008 à Paris, de la difficulté croissante à enseigner la théorie de l'évolution. Et ce bien au-delà des Etats-Unis, berceau, depuis Darwin, du créationnisme.


L'attaque la plus frontale date du début de l’année 2007. Dans de nombreux pays d'Europe, lycées, collèges et universités reçoivent sans l'avoir demandé un luxueux ouvrage illustré, l'Atlas de la création. Edité et imprimé en Turquie, il prétend démontrer que l'évolution n'est pas une doctrine scientifique mais de la propagande antireligieuse. Son auteur, Harun Yahya -de son vrai nom Adnan Oktar-, dirige une organisation au financement obscur, dont le principal objectif est de promouvoir le Coran.


C’est dans ce contexte que s’est terminée « l’année Darwin » avec bien moins de pompes qu’à son ouverture. La menace reste entière mais les créationnistes peuvent se réjouir de voir cette lutte de la science contre le dogme retourner à l’ombre.



Suggestions de lecture :

 















  


Thomas LEPELTIER, Darwin hérétique, Seuil, 2007
Jacques ARNOULD, Dieu versus Darwin, Albin Michel, 2007
Pascal PICQ, Lucy et l’obscurantisme, Odile Jacob, 2007
Michael DENTON, Evolution, une théorie en crise, Flammarion, 1992
Cyrille BAUDOUIN & Olivier BROSSEAU, Les créationnismes, une menace pour la société française ?, Syllepse, 2008
Cédric GRIMOULT, Mon père n’est pas un singe ? Histoire du créationnisme, Ellipses, 2008.


mercredi 3 février 2010

Le Livre d’Images, Alberto Manguel



Si bien rédigé et passionnant par les sujets abordés, cet essai d’iconologie reste un plaisir dans lequel on se plonge et replonge à l’envi… Alberto Manguel nous conduit avec précision et grande culture, de son style doux et fluide. Reprenant ce livre, j’ai lu le chapitre intitulé « Lavinia Fontana. L’image connivence ».

Le « Portrait de Tognina » par Lavinia Fontana sert de trame. Sur l’une comme l’autre, les informations sont rares et fragmentaires. Manguel s’attache à recadrer le portrait dans l’œuvre de l’artiste renaissante Lavinia, contemporaine du phénomène qu’elle peint.


Au-delà du portrait du « monstre » que l’on promenait de cour en cour, l’auteur nous emmène dans les labyrinthes de l’Histoire et sur les traces imperceptibles de l’émotion suscitée par l’image.

Alberto Manguel est né en Argentine où il fut lecteur pour Jorge Luis Borges avant de vivre dans divers pays. Depuis 2001, il vit en France et est le premier écrivain à y avoir donné son nom de son vivant à un CDI scolaire. Parmi ses distinctions il est Docteur Honoris Causa de l’Université de Liège.